Les travées sont par convention numérotées à partir du portail principal ouvert sur la façade Ouest.

Le bas-côté nord conserve dans sa 4e travée et dans les deux dernières la disposition d’origine. Les chapelles qui donnent sur le bas-coté sont de construction plus récente que le bas-coté même.

La petit portail de la façade ouest ouvre sur la 1ere travée.

La 4e travée a conservé son portail début XIIIe siècle. Au-dessus de son sas d’entrée, on aperçoit un oculus vitré dans le pourtour duquel sont insérés des éléments de vitraux du XVIe siècle de belle facture en plusieurs morceaux dont la provenance est inconnue.

Dans la 7e travée, un enfeu, niche creusée dans l’épaisseur du mur, reçoit un gisant anonyme. Ce dernier a été retrouvé derrière des boiseries en 1856. L’inscription qui aurait permis de l’identifier a disparu. La tenue, une cotte ceinturée portant aumônière et dague ainsi que l’architecture factice qui ceint sa tête, datent ce gisant du XIVe siècle.

Derrière un panneau de boiserie, il s’est retrouvé récemment, à quelques pas du même autel du Sauveur, une statue de jeune homme en pierre qui a du faire partie de quelque tombeau du XIVe siècle. Cette figure, sculptée avec soin, est vêtue d’une longue cotte ; la tête en est par malheur très-mutilée.

F. de Guilhermy

Vitrail de la Visitation

Ce vitrail n’est pas signé mais il est de la même facture que le vitrail voisin de la Présentation au Temple, œuvre de Claude Riquier datée de 1866.

Ce vitrail tableau représente un épisode relaté par l’Évangile de saint Luc (Luc I, 39-45) : Marie, enceinte de Jésus, rend visite à sa cousine Élisabeth, elle-même enceinte de Jean-Baptiste et lui annonce la venue du Sauveur.

L’artiste a traité la scène d’une manière très classique : à gauche, la Vierge Marie, vêtue d’une tunique mauve sous une cape bleue doublée d’écarlate, la tête coiffée d’un voile blanc, s’approche de sa cousine. La mère de Jean-Baptiste a les traits d’une femme âgée. Elle est habillée d’une robe vert émeraude et d’une cape bordeaux doublée de parme. À sa ceinture, une aumônière rouge symbolise la bonne gestionnaire du foyer. Elle vient au devant de sa cousine, les mains levées semblant prononcer la phrase que lui prête l’évangéliste : « Comment se fait-il que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? »

Derrière les deux femmes se trouvent leurs époux respectifs : Joseph et Zacharie.

La 8e travée est située sous le clocher. À cet endroit, les piliers sont fasciculés, c’est-à-dire composés de multiples colonnettes. Leur fonction est de soutenir la descente de charge exercée par le clocher.

Chapelle de la Sainte Vierge sous le clocher

Cet espace est aujourd’hui dédié à la Vierge. L’autel et son retable dissimulent, côté sud, une petite porte menant au clocher par un escalier à vis.

Autel néogothique dédié à la Vierge

Jusque dans les années 1860, cette salle sous le clocher était murée. Un autel de la sainte Vierge y était adossé depuis l’Ancien Régime. Le 7 juin 1864, Mgr Auguste Allou, évêque de Meaux, dédicaça la chapelle ouverte dans cette travée par le curé Félix Petit et bénit la statue de la Vierge à l’Enfant que l’on voit toujours. Cette chapelle, qui abrite aujourd’hui le Saint Sacrement, était entretenue par les Dames de la confrérie du Rosaire jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

On trouve ici les caractéristiques de l’architecture du XIIIe siècle, date de début de construction de l’église, avec sa voûte à croisée d’ogives ornée d’une nervure à double tore ainsi que deux vitraux du XIXe siècle enchâssés dans des baies en lancette.

Vitrail de la Présentation de Marie au Temple

Ce vitrail est signé et daté « C. Riquier – 1866 » : Claude Riquier dit Riquier-Vellaud était un élève du grand maître verrier Édouard Didron (1836-1902). Il travailla à Sainte-Geneviève-du-Mont et à Saint-Roch à Paris. Sa fille Camille fut mise en nourrice à Brie en 1861.

Ce vitrail représente une scène apocryphe relatée par le Protévangile de Jacques : Anne et Joachim consacrent leur fille Marie en l’offrant au Temple de Jérusalem. Le parallèle avec la Présentation du Seigneur au Temple est évident : sa mère a été destinée dès son enfance à sa glorieuse mission en étant offerte à Dieu.

La réalisation de Riquier est fidèle au texte. Assis à droite sur un trône surélevé, le Grand Prêtre vêtu d’une cotte de brocard richement orné accueille la fillette toute de blanc vêtue, les cheveux pendants et couronnée de fleurs blanches (symboles de virginité et de pureté). Ses deux parents, à gauche, sont déjà âgés. Seules Anne et sa fille Marie sont auréolées. Une navette à encens sur la deuxième marche du trône rappelle le Temple et le rite dans le Saint des saints qu’accomplissait seul le Grand Prêtre et auquel se substituera désormais le Christ, Prêtre de la nouvelle Alliance et Temple de l’Esprit-Saint.

Comme pour le vitrail de la Sainte Famille, une tradition veut que les visages des personnages soient des photographies de Briards.

Vitrail des litanies de la Vierge. Ce vitrail peut déconcerter l’œil non averti. Sur un fond de grisailles à rinceaux se détachent 14 médaillons quadrilobés portant chacun un symbole ou un objet accompagné d’un phylactère (banderole) rédigé en latin. Au sommet, dans un trilobe bleu, Dieu le Père bénit de la main droite.

Ces médaillons représentent 14 épithètes tirées des Écritures (en particulier le Cantique des cantiques) que l’on attribue traditionnellement  à la Vierge Marie et dont une partie figure dans les litanies de Lorette.

  • 1 Hortus conclusus (jardin clos) : Marie est le jardin inviolé d’où vient le Sauveur.
  • 2 Civitas Dei (cité de Dieu) : Marie, mère de l’Église, est assimilée à la Jérusalem céleste où siègeront les élus.
  • 3 Puteus aquarum viventium (puits d’eaux vives) : Marie est celle qui porte le Sauveur, du sein duquel jaillissent les fleuves d’eaux vives.
  • 4 Fons hortorum (source des jardins) : Marie est la source régénérante de la foi.
  • 5 Floruit virga Jesse (il fleurira un rameau de Jessé) : descendante de Jessé, père du roi David, Marie inscrit Jésus dans la lignée royale d’Israël.
  • 6 Speculum justitiæ (miroir de justice) : Marie reflète la divine justice.
  • 7 Rosa mystica (rose mystique) : Marie exhale le parfum des vertus divines.
  • 8 Oliva speciosa (olive superbe) : tel l’olivier, noble arbre producteur d’huile, Marie est la souche vigoureuse et fructueuse qui donne le Christ (l’oint).
  • 9 Janua coeli (porte du Ciel) : Marie intercède pour les fidèles et leur ouvre les portes du Paradis.
  • 10 Turris davidica (tour de David) : Marie est un symbole de force morale puisée dans la Parole de Dieu.
  • 11 Pulchra ut Luna (belle comme la Lune) : telle la Lune reflétant la lumière solaire, Marie reflète la beauté divine.
  • 12 Sicut lilium inter spina (telle le lys parmi les épines) : Marie, vierge, reste pure au milieu d’un monde corrompu.
  • 13 Electa ut sol (brillante comme le soleil) : dans la gloire de son élévation au Ciel (assomption), Marie est toute brillante de sainteté.
  • 14 Stella maris (étoile des mers) : telle l’étoile guidant le marin perdu, Marie conduit le fidèle au milieu des tribulations.

Stèle de l’abbé Chenu

Cette stèle surmontait la sépulture de Louis Chenu (1737-1807), curé de Brie pendant vingt-trois ans. Elle fut transférée en 1839 de l’ancien cimetière dans l’actuel. Fortement dégradée, elle fut rapatriée dans l’église au début des années 1980.

Elle porte une inscription qui rappelle le ministère paisible et héroïque de Louis Chenu, curé pendant la Révolution.